dimanche 2 octobre 2011

Manifestation du 27 sept. : prise de parole commune aux organisations syndicales FERC-CGT, FSU, SGEN-CFDT, UNSA soutenues par la FCPE

Notre département a fait l’objet récemment de plusieurs visites ministérielles et présidentielles.
En mai 2010 : Sarkozy est venu parler violence et absentéisme scolaire en faisant la promotion de choix sécuritaires et répressifs (dispositif Clair)
En août dernier, nous avons manifesté à Beauvais à l’occasion d’une opération de communication menée par Fillon et consorts sur le thème de l’emploi des jeunes et de l’apprentissage. Quel mépris de la part de ceux qui sont responsables de la détérioration grave et durable du système scolaire et des filières de formations professionnelles et techniques publiques.
A cette rentrée, le ministre de l’éducation était à l’internat d’excellence de Noyon pour promouvoir ce dispositif vitrine. Ce matin, c’est Sarkozy à Compiègne qui vient promouvoir les partenariats de recherche entre le public et le privé alors que son gouvernement étouffe la recherche publique. Toutes ces opérations de communication ne masquent pas la dégradation générale des conditions de cette rentrée qui touche l’éducation. Et si nous sommes dans la rue aujourd’hui, c’est bien pour manifester la colère du monde de l’éducation sur les conditions de la rentrée scolaire et plus généralement sur l’échec de la politique du gouvernement en matière d’éducation. Le ministère promeut la multiplication de solutions individuelles, met en concurrence le service public et signe ainsi l’abandon d’une ambition collective pour tous. La question de la RGPP (révision générale des politiques publiques avec la suppression d’un poste de fonctionnaire partant à la retraite sur deux) est plus que jamais d’actualité, Les conséquences de cette politique (-56000 postes dans l’éducation en 4 ans) conduisent à une dégradation sans précédent du service public, dans un contexte de réformes combattues de la maternelle à l’université.

En France, à cette rentrée 2011, ce sont 16 000 postes supprimés pour 62 000 élèves en plus, alors que 14 000 nouvelles suppressions de postes sont programmées pour la rentrée 2012.
Dans l’Oise également, cette rentrée 2011 est marquée par les suppressions de postes. Dans le second degré, 24 postes sont fermés dans les lycées de l’Oise pour 166 élèves en plus, 31 postes sont supprimés dans les lycées professionnels. Dans les collèges, l’accueil des 523 élèves en plus sans moyens supplémentaire se traduit par des moyennes d’effectifs élevées dans certaines divisions ; ainsi dans 40% des collèges de l’Oise, (26 établissements sur les 66), les effectifs pour toutes les divisions d'un même niveau sont à 28 élèves ou plus.… Dans le premier degré, le département de l’Oise subit la fermeture de 11 postes alors qu’au moins 345 élèves de plus sont scolarisés par rapport à l’année dernière. 9000 enseignants du primaire manquent ainsi à l’appel à cette rentrée en France où 1500 classes ont été fermées.
Ces mauvaises conditions se traduisent par des effectifs de classes qui continuent à augmenter, des conditions de travail dégradées pour les personnels (postes sur plusieurs établissements) le recours massifs aux emplois précaires , une explosion du nombre d’heures supplémentaires, des suppressions de classes, de sections, d’options.
Nous subissons donc à cette rentrée un nouveau coup de rabot pour les missions au service de la réussite des élèves:
- la suppression organisée des RASED,
- la baisse de la scolarisation des enfants de moins de 3 ans,
- l’intégration au rabais des élèves handicapés,
- la détérioration des conditions d’accueil des élèves avec la mises à mal de la vie scolaire, administrative, technique, sanitaire et sociale,
- l’éducation prioritaire sacrifiée avec la mise en place des Eclair créant des zones de déréglementation et de relégation scolaire et sociale sur des bassins entiers tel celui de Creil,
- les difficultés à assurer des remplacements de qualité dans des conditions acceptables, - l’asphyxie des mouvements d’éducation populaire, d’éducation nouvelle, et des associations d’éducation complémentaires de l’enseignement public,
- la démolition de la formation initiale et continue des enseignants,
- le découragement et la mise en difficulté des jeunes enseignants, ainsi que des élèves dont ils ont la charge, …
- le développement de l’apprentissage dès 14 ans…alors que les écarts scolaires se creusent en défaveur des plus démunis, également premières victimes de la crise sociale.

Tout cela dans un contexte sécuritaire de stigmatisation d’élèves dont les parents sont sans papiers et d’expulsions de jeunes majeurs scolarisés.
Ne nous y trompons pas : c’est bien le formatage libéral des systèmes éducatifs à l’échelon européen qui est en cours. Il s’agit d’adapter l’école aux besoins des économies libérales en fournissant aux marchés des travailleurs précaires formés à un niveau minimum. Dans un contexte international de crise des économies capitalistes, l’instrumentalisation de la question de la dette sert de prétexte à la mise en place de politiques de régressions sociales. Pour le ministre de l’éducation, l’école doit fonctionner sur le modèle de l’entreprise. Aux qualifications et connaissances, il privilégie la mesure des compétences en enfermant les élèves dans les livrets à cases du socle commun, véritables outils du tri social.
Quant aux personnels, les nouvelles modalités d’évaluation laissent une large part à l’appréciation du mérite, avec modulation de prime à la clé. La réforme inquiétante du statut a aussi pour objet de mettre les personnels aux ordres en dénaturant leur mission de fonctionnaire du service public.
Toutes ces raisons justifient pleinement cette journée nationale d’action de grève et de manifestation à l’appel des fédérations de l’éducation nationale avec le soutien des parents d’élèves de la FCPE, des organisations lycéennes et étudiantes, des associations de l’éducation populaire et des mouvements pédagogiques.
Tous ensemble pour dire STOP à la dégradation des conditions de travail des élèves et des personnels
Tous ensemble pour exiger d’autres choix pour une école démocratique, ambitieuse et émancipatrice. Tous ensemble, on continue pour l’école.

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