Source: "le Courrier Picard" du 21 janvier 2012
Aucun des trois départements picards ne sera épargné par les nouvelles coupes claires dans les effectifs enseignants. De la maternelle au lycée, tout le monde paiera.
Le recteur aura eu beau faire: les chiffres restent les chiffres et la Picardie perdra, une fois de plus, plusieurs centaines de postes d'enseignants. Hier, juste avant de recevoir les syndicats pour évoquer le nouveau schéma académique des emplois, Jean-Louis Mucchielli a déployé une énergie folle pour tenter de justifier la suppression de 490 postes à la rentrée prochaine. Avant de reconnaître à demi-mots que la démographie n'explique pas tout, notamment dans le secondaire où le nombre des élèves augmente, et que les raisons de ces coupes claires sont avant tout budgétaires. De quoi faire voler en éclat les discours du gouvernement sur «la sanctuarisation» de l'éducation.
Même si, dans son exposé, le recteur s'est efforcé de minimiser l'impact des réductions d'effectifs. Ainsi, sur les 201 postes supprimés dans le primaire, 97 seulement seraient des postes «devant les élèves». Les autres étant des postes d'intervenants extérieurs (en langues notamment) ou relevant de décharges attribuées aux directeurs. Mais au final, l'administration reconnaît que ces suppressions auront bien un impact sur la taille des classes et l'accueil des moins de trois ans. Ce dernier reste la règle uniquement dans les ZEP. Ailleurs, il est devenu anecdotique. Justification officielle: «Cet accueil de très jeunes élèves fait de la France un pays très atypique». Une singularité appelée à disparaître...
Plus d'élèves et moins de profs en collège Dans le secondaire, le toilettage est encore plus sévère: 38 postes seront supprimés dans les collèges alors qu'on attend 1195 élèves en plus. Par ailleurs, 176 postes seront supprimés en lycées d'enseignement général et lycées professionnels, alors qu'on attend une stabilité des effectifs dans les premiers et, c'est vrai, une baisse dans les seconds liée à la disparition des BEP au profit des bacs pros. Argument décisif asséné par l'État: les suppressions de postes intervenues ces dixdernières années n'empêchent pas que 66% d'une classe d'âge atteigne le bac en Picardie. Mais il oublie au passage de préciser que ce pourcentage reste dramatiquement bas s'agissant du bac général. Celui qui ouvre les portes de l'université.
PHILIPPE FLUCKIGER
Source : http://www.courrier-picard.fr/courrier/Actualites/Info-regionale/Des-postes-supprimes-partout

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